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Salon Rétromobile 2019

Moins de 2 mois à attendre avant Rétromobile 2019 (Porte de Versailles, Hall) à Paris du 6 au 10 février 2019, venez me retrouver sur mon stand dans l’Allée des Artistes, avec de nouvelles trouvailles et de nouveaux tirages !

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… d’un photographe du XXe Siècle !


2 Juillet 1969 : GP de France de Formule 1

Si comme tout le monde (voire une très grande partie de la planète) juillet 1969 vous évoque le premier pas de l’homme sur la Lune, pour ma part beaucoup plus modestement je faisais mes premiers pas dans le monde de la photo.

Passionné de courses automobiles depuis quelques années, je dévorais, découpais, collais dans un cahier à spirales des images de Sport-Auto, de l’Auto-Journal et de tout ce qui concernait la compétition auto.

Un de mes cahiers à spirale où je rassemblais l’actualité auto, après avoir découpé minutieusement les pages de Sport-Auto, Le Figaro, France-Soir…

Mon père ingénieur et (discret) amateur de mécanique en tout genre avait pris l’heureuse initiative en ce début de grandes vacances 1969 de m’emmener à mon premier GP de formule 1 avec mon copain et voisin Bertrand Fayette, grand amateur de Scalextric et de voitures de compétition.

Nous habitions Limoges, c’était l’été, c’était les vacances et nous n’avions pas tout à fait 12 ans !

Alors que j’accompagnai mon père parti acheter un cadeau chez “Photo Vayne” (un Polaroid Swinger 20 pour la communion solennel d’un fils d’ami), il avait décidé de m’offrir aussi un appareil photo, mon premier “boîtier”. Son choix s’est porté sur un kit (déjà) Instamatic Kodak 25 pour le somme toute ronde de 10 francs (ne cherchez pas, il n’y a pas de plus petit numéro dans cette gamme).

L’instamatic 25 original… Et ses 2 réglages possibles : temps ensoleillé, temps couvert !
Où l’on peut remarquer le magnifique étui en skaï de l’Instamatic 25, appareil que j’ai gardé tout l’été 1969 autour du cou.

Partis très tôt de Limoges avec la Panhard 24B familiale, nous voilà quelques heures plus tard à Charade, magnifique circuit de 8 kms serpentant au milieu des montagnes d’Auvergne.

GP de France à Charade, un des plus beaux circuits de l’époque avec son tracé de plus de 8 kilomètres au milieu des volcans d’Auvergne, au dessus de Clermont-Ferrand.

Nous choisissons un endroit stratégique pour suivre la course : le virage Rosier, où nous verrons bien le départ, la course et l’arrivée.

Économie de moyen, je dois gérer mes 12 vues : le départ, des photos de la course et je garde une photo pour l’arrivée (au cas où).

13 pilotes au départ, un bruit à couper le souffle.

Après 1h56mn de course Jackie Stewart et sa Matra-Ford passe la ligne d’arrivée avec un peu d’avance sur Ickx et Beltoise qui eux se battent comme des chiens pour la deuxième place, Beltoise redoublant Ickx dans le dernier virage (le nôtre !).

Nous voilà autour de la voiture podium, il me reste une vue, Stewart était en interview mais Jacky Ickx et Jean-Pierre Beltoise sont là, je prends la photo !

À l’arrivée de la course, me voici de dos en train de déclencher ma dernière images de la journée (N°12 sur le film). Photo DPPI

Bien des années plus tard, en fouillant, grâce à Fabrice Connen, dans les archives de DPPI, j’ai retrouvé une image où l’on me voit de dos en train de prendre mon ultime photo de la journée (photo que j’ai fait dédicacer, bien des années après par les deux pilotes, alors que je les photographiais dans le cadre d’un reportage sur les 24 Heures du Mans).

Cliché ultime de mon chargeur Instamatic 126 de 12 poses, Jean-Pierre Beltoise et Jacky Ickx. 20 ans plus tard, Jacky Ickx en regardant cette photo me dira qu’il se rappelait très bien… de l’hôtesse “Craven A” à côté de lui pour le tour d’honneur !

50 ans plus tard, en regardant les photos de DPPI… je me demande toujours comment mon père a fait pour nous récupérer ?


8 décembre 1980 : VGE, tirages express !

Il y a tout juste un an nous quittait Jérôme Chatin, mon compagnon d’aventure de mes premières années de photographe. Alors pour penser à lui, je vous propose de vous raconter une petite aventure commune qui remonte à plus de 38 ans… Oups !

Comme disait une de mes stagiaires, née après l’an 2000, “Bruno des Gayets, il est très intéressant, il m’a montré comment il faisait des photos au XXe siècle”… Re-oups !

Bien alors, c’est une histoire de photographe du XXe siècle que voici.

Jérôme, photographe professionnel depuis plus d’un et moi depuis un trimestre, nous voilà appelés par le service de presse de l’UDF pour une opération “commando”, en effet le 8 décembre 1980 le président de la République (Valéry Giscard-d’Estaing) devait se rendre Porte de Versailles à un colloque des confédérations PME pour y prononcer un discours important (.…et long heureusement pour nous !).

La mission : prendre des photos de VGE et du public au début du discours, développer les films, choisir 2 photos et faire un tirage de chaque pour les 100 journalistes présents… Et les distribuer avant la fin du discours.
J’en vois déjà qui rigolent avec leurs Smartphones capables d’envoyer directement une image à leurs abonnés Twitter, à l’autre bout du monde et en direct live.

Et bien à l’époque, nous avons loué une caravane (installée dans les coulisses du colloque), installé un mini labo (avec arrivée d’eau, électricité), obturé les fenêtres de la caravane, installé une sécheuse pour les tirages.
Fort de toute cette installation, approvisionné d’un révélateur film ultra rapide (on avait chauffé le bain à la casserole), nous voilà prêts !


Début du discours, je suis en attente dans la caravane, Jérôme se retrouve devant le podium et pendant 3 à 4mn fait 2 film 36 poses, retour à la caravane, on développe les films en 5mn, on les sèche au séchoir à cheveux, on choisit sur les film 2 photos à tirer.
Jérôme repart dans la salle pour assurer le reste du reportage, agrandisseur déjà réglé, je bloque la porte de la caravane et j’attaque les 200 tirages : agrandisseur – révélateur – rinçage express – fixateur – rinçage express et séchage dans la machine ! Au bout de 5 à 6mn les premières photos sortent, je les passe sous la porte et on vient les chercher pour les distribuer directement aux journalistes, en moins de 25mn les 200 tirages N&B sortent !

Avec la chaleur, il fait 35 degrés dans la caravane non aérée, odeur de bain d’acide, tout ce que l’on aime…

Mission accomplie !
C’est ça la photo au XXe siècle, salut Jérôme, salut l’ami !